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À propos

C’est la rentrée !

Me voici de retour après quelques belles semaines de vacances plutôt actives 🤸🏽‍♀️, tout en étant très ressourçantes 🧘🏽‍♀️. Je suis donc pleine d’énergie 🔋 pour ma reprise, et tout particulièrement pour ma Rentrée à l’Est.

Logo créé par Émilie Say

Cette fois tourné exclusivement vers la Bulgarie 🇧🇬, ce rendez-vous devrait nous aider à mieux connaître ce pays qui fut au cœur des guerres balkaniques et qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, passa du camp de l’Axe à celui des Alliés, avant de tomber sous la coupe de l’Union soviétique. De l’abolition du royaume de Bulgarie (1946) à la chute du bloc de l’Est (1990), la République populaire de Bulgarie fut le régime politique en vigueur dans le pays. Membre de l’Union européenne depuis 2007, la Bulgarie abandonnera sa monnaie nationale, le lev, pour adopter l’euro en janvier 2026.

Autant dire que le pays a connu moult bouleversements, et pas des moindres. Cette histoire mouvementée et souvent tragique a bien sûr de quoi nourrir nombre de romans.

Avec la Rentrée à l’Est, mon objectif est simple : vous faire découvrir des autrices et auteurs bulgares ou écrivant à propos de la Bulgarie (la diaspora bulgare est importante, et de nombreux auteurs et autrices né(e)s’ en Bulgarie s’expriment en français ou en anglais).

Il n’est pas encore trop tard pour explorer cette littérature avec moi ! Vous trouverez ici une liste de suggestions. En prévision de son voyage en Bulgarie au printemps, Claudialucia a également beaucoup lu bulgare. Je vous recommande donc de jeter un œil à son site. Côté actualité, Les Argonautes font paraître un roman bulgare assez intrigant en cette rentrée littéraire, Le ministère des rêves, tandis que Gallimard publie Le jardinier et la mort de Guéorgui Gospodinov, auteur du remarqué Le pays du passé.

🎁 Quelques livres (d’occasion cette fois) seront à gagner 🎁. Il vous suffit de chroniquer au moins un roman, un film, un documentaire, une pièce de théâtre, une exposition ou encore un essai aux couleurs de la Bulgarie du 15 au 30 septembre inclus. Début octobre, je procéderai à un petit tirage au sort parmi les personnes qui auront publié un billet.

N’oubliez pas que d’autres rendez-vous sont organisés à l’automne et qu’ils peuvent vous permettre de faire d’une pierre deux coups :

  • Les Escapades en Europe proposées par Cléanthe vous invitent elles aussi sur les rives de la mer Noire en septembre 2025. En choisissant la Bulgarie, vous ferez donc coup double si vous publiez votre billet aux alentours du 15 septembre.
  • Les Pavés de l’été chez Sibylline et les Épais de l’été orchestrés par Tad loi du cine sur le blog de Dasola continuent jusqu’au 22 septembre .
  • Du 15 septembre au 15 novembre, Athalie et Ingannmic renouvellent le rendez-vous des lectures urbaines et architecturales intitulé Sous les pavés, les pages. Alors, pourquoi pas une lecture bulgare sur ce thème ? Ingannmic propose par exemple une lecture commune de Rhapsodie balkanique, un roman de Maria Kassimova-Moisset que j’ai beaucoup aimé.
  • Jusqu’à fin novembre, Fanja propose un book trip en mer. L’occasion est idéale pour embarquer sur la mer Noire !

До скоро (do skoro), c’est-à-dire à bientôt en bulgare !

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À propos Romans

Pause estivale

L’heure de ma pause estivale a sonné ! Je serai de retour sur la blogosphère aux alentours du 22 août.

Je vais mettre à profit ces quelques semaines sans chroniques pour :

  • lire, entre autres pour la Rentrée à l’Est consacrée à la Bulgarie, mais aussi des BD (je viens de commencer la série de manga Arte qui m’a tout de suite accrochée et que L’Ourse bibliophile a aimé elle aussi) et des polars
  • finir la 3e et dernière saison de Broadchurch, série TV britannique totalement addictive (elle a plus de 10 ans mais n’a pas pris une ride) et finir la série TV américaine Bosch (dont j’ai déjà englouti les 4 premières saisons)
  • me balader dans les rues de Paris et visiter des expos comme l’excellente rétrospective du travail de Marie-Laure de Decker 📷 . Je ne connaissais pas du tout cette photoreporter avant ma visite à la Maison européenne de la photographie (MEP) la semaine dernière. Si vous aimez Henri Cartier-Bresson, vous devriez aimer les reportages de Marie-Laure de Decker ! (Ne manquez pas non plus ses autoportraits, tout sauf complaisants : ils sont saisissants).
  • mettre en pratique mes connaissances récemment acquises en broderie sur textile 🪡. Tous les tee-shirts de la famille risquent d’y passer 😄.
  • retrouver le goût de cuisiner. Pour m’y aider, j’ai notamment réservé un atelier pour apprendre à faire des sushi et des maki 🍣 en famille.
  • vivre une expérience inédite grâce à l’Amicale des Agents de Paris Saint-Lazare qui organise des trajets à bord de trains qui ont pris leur retraite depuis belle lurette. À nous la Normandie chic, l’absence de clim’ et les sièges en skaï qui collent aux cuisses 😝 !
  • découvrir le Plat pays, son Histoire, ses paysages, et bien sûr déguster ses spécialités 🧇 🍟 🍺 !

Bel été à vous ☀️.

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À propos

Deux festivals littéraires

Les Boréales et VO/VF, traduire le monde

Cette année, 2 festivals rejoindront (thématiquement) la Rentrée à l’Est et je ne pouvais donc pas laisser passer cette occasion de vous parler de ces rendez-vous. Ils me tentent depuis un moment et au vu de leur programmation 2025, je ne vais sûrement pas pouvoir résister et il est fort possible que, pour la 1re fois, je me rende à un festival littéraire (voire 2 !).

Créé en 1992, le festival Les Boréales de Caen est aujourd’hui « le plus important festival dédié à la culture nordique en Europe ». Mais il ne se limite pas aux 5 pays nordiques et s’étend au Groenland, aux îles Féroé et aux pays baltes. En novembre prochain, ce sont justement l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie qu’il mettra à l’honneur. Il faut croire que j’ai eu le nez creux avec mon choix de destination en 2024 😅. Quelques noms désormais familiers (Jānis Joņevs, Laura Vinogradova, Elīna Brasliņa) seront présents aux côtés de nombreux autres écrivain(e)s et illustrateurs/illustratrices qui prouveront la vitalité de la littérature, y compris jeunesse, et de la BD baltes.

Le festival n’oubliera pas les autres pays, par exemple avec l’événement Nordic noir qui accueillera exclusivement des femmes autrices de polars, dont les très populaires Camilla Grebe, Karin Smirnoff et Katrin Engberg. Et bonne nouvelle pour moi, le Danois Jens Christian Grøndahl sera également de la partie, sans oublier des autrices et auteurs islandais (Auður Ava Ólafsdóttir…) et finlandais. Il y aura aussi des concerts, des séances de cinéma, du théâtre, du cirque… et des « cantines boréales » 🍴 😋.

Plus confidentiel (et entièrement gratuit), le festival VO/VF, traduire le monde de Gif-sur-Yvette en Essonne est dédié à la littérature étrangère par le biais de la traduction. Et devinez qui sera la traductrice à l’honneur de l’édition 2025 ? Je vous le donne en mille : ce sera Marie Vrinat-Nikolov, LA traductrice française et grande passeuse de littérature bulgare.

Le programme est là encore très alléchant avec bien sûr des rencontres avec des écrivains et des traducteurs/traductrices, des lectures, des débats et conférences sur une foule de thèmes, mais aussi des projections et des ateliers pour les adultes aussi bien que pour les ados et les jeunes enfants. Jetez un œil au programme de l’an dernier pour vous faire une idée, tout faisait envie (dommage que je n’ai pas été libre à cette date 😩…). Par ailleurs, c’est traditionnellement lors de ce festival qu’est remis le Prix de la traduction de l’Inalco-VO/VF 🏆. Je vais bien sûr me tenir au courant régulièrement car j’imagine que quelques écrivain(e)s bulgares seront à Gif-sur-Yvette cet automne… Personnellement, j’adorerai y croiser Theodora Dimova et Maria Kassimova-Moisset !

Si vous êtes tenté(e), sachez que le festival VO/VF, traduire le monde aura lieu du 3 au 5 octobre 2025 et les Boréales du 13 au 23 novembre 2025. N’hésitez pas à me faire signe si vous pensez y aller 😎.

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À propos Challenges et LC

Rentrée à l’Est – Bulgarie

Bonne année à toutes et à tous ! Qu’elle soit riche en lectures📖 , en coups de cœur ❤️, en découvertes et en agréables surprises littéraires🤩.

Comme je vous l’ai annoncé en octobre dernier, la Rentrée à l’Est aura pour destination la Bulgarie 🇧🇬 en cette année 2025. Sachant qu’il pourrait s’avérer compliqué de trouver (surtout en bibliothèque) des ouvrages traduits du bulgare ou se déroulant en Bulgarie, c’est avec plusieurs mois d’avance que je mets à disposition cette liste de suggestions 📋. N’hésitez pas à me signaler des liens que j’aurais omis.

  • Odyssée des filles de l’Est, Les cosmonautes ne font que passer (Keisha, Sunalee) d’Elitza Gueorguieva
  • Nucléus (Allylit), Vertige de l’eau, Eremia, de Zinaïda Polimenova
  • Physique de la mélancolie, Le pays du passé (Fanja, Allylit), Tous nos corps (Passage à l’Est), Un roman naturel, L’alphabet des femmes, Là où nous ne sommes pas, de Gueorgui Gospodinov
  • Wunderkind de Nicolai Grozni
  • Le Prix Nobel (polar) d’Elena Alexieva
  • La barbe de bouc, Les récits de Tcherkaski (Keisha), Janvier, L’herbe folle, Les cours obscures de Yordan Raditchkov
  • Sept kilos de camomille de Rumjana Zacharieva
  • Ballade pour Georg Henig (Patrice, Passage à l’Est, chez moi) ; Allemagne, conte obscène (Livr’escapades) de Viktor Paskov
  • Les cent frères de Manol, L’épopée du livre sacré d’Anton Dontchev
  • Carnets de la Strandja (Miriam) d’Alexandre Lévy
  • L’homme surveillé de Vesko Branev
  • Quelque part dans les Balkans de Sevda Sedan
  • Les doux d’Anguel Igov
  • Les Ours dansants. De la mer Noire à la Havane, les déboires de la liberté (Passage à l’Est) de Witold Szabłowski
  • Mission Londres d’Alek Popov
  • Moi, Anne Comnène (Passage à l’Est) ; Le prince errant (Passage à l’Est) de Vera Moutaftchieva
  • Sous le monastère de Klissoura d’Elin Pelin
  • Le roi d’argile de Dobromir Baitchev
  • Vierge jurée (Passage à l’Est) de René Kabarash
  • Baï Ganiou. Récits incroyables sur un Bulgare contemporain d’Aleko Konstantinov
  • Oublier Bucarest de Victor Ieronim Stoichita
  • Vous trouverez également quelques pistes sur ce blog créé par Marie Vrinat-Nikolov, grande traductrice et passeuse de littérature bulgare : Écrivains de Bulgarie.

Et enfin, un petit article pour vous convaincre de découvrir cette littérature qui reste encore bien trop dans l’ombre : https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-la-litterature-bulgare-grande-meconnue-dans-l-UE

Je vous donne rendez-vous du 15 au 30 septembre prochain !

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Bulgarie Romans

Rhapsodie balkanique – Maria Kassimova-Moisset

Traduction du bulgare par Marie Vrinat – Éditions des Syrtes

En musique classique, une rhapsodie ou rapsodie (du grec ancien ῥάπτω / rháptō, « coudre », et ᾠδή / ōidḗ, « chant », littéralement couture de chants) est une composition pour un soliste, un ensemble de musique de chambre ou un orchestre. De style et de forme très libres, souvent en un seul mouvement et assez proche de la fantaisie, la rhapsodie repose presque toujours sur des thèmes et des rythmes régionaux, folkloriques ou traditionnels. (source : Wikipedia).

Une couture d’histoires marquées par des superstitions et des croyances religieuses poussant à l’intolérance, par la pauvreté mais aussi par la fantaisie, la joie de vivre, l’amour : Rhapsodie balkanique est un titre parfait pour ce très beau roman aux accents turcs, grecs et bulgares :


« Contrairement à son frère, Haalim comprenait bien cette langue. Il aimait sa sonorité ferme, parfois aiguë, ses mots anguleux s’accrochant lourdement les uns aux autres, comme quelqu’un qui essaie d’atteler des chevaux fougueux. « Mon petit garçon », lui disait sa mère, et ce m avec ce p, ensuite ce r avec le ç roulaient comme ces billes en verre bigarrées un peu bosselées et s’ordonnaient joliment malgré leur vilaine apparence. »

Cette rhapsodie, c’est l’histoire de la famille de Maria Kassimova-Moisset, et plus particulièrement celle de sa grand-mère paternelle Miriam. Miriam qui – par amour pour Ahmed – n’a pas cédé d’un pouce face aux conventions et aux malédictions, qui a quitté sa chère Bulgarie pour la Turquie, qui a trimé pour élever ses enfants et qui a dû prendre un jour une décision terrible que sa petite-fille cherche encore à comprendre.

« Elle n’était pas comme les autres, cette enfant, ça non. Elle la regardait droit dans les yeux et ne cillait pas. Elle pleurait rarement – depuis ce premier vagissement, lorsque pour la première fois elle avait entendu son prénom, ses pleurs choisissaient eux-mêmes pourquoi ils devaient être versés. Elle se comportait comme si tout lui était familier. Elle n’avait peur de rien ni de personne. »

Avec une très belle langue, servie par une remarquable traduction, Maria Kassimova-Moisset parvient à faire de petits gestes, d’infimes détails un récit palpitant qui nous transporte dans les Balkans du début du 20e siècle. Fluide, délicate et imagée, son écriture m’a envoûtée. J’ai adoré Miriam, Ahmed et Haalim, et même Theotitsa, véritable personnage de tragédie grecque. Je ne suis pas prête de les oublier !

Si je ne vous ai pas convaincu(e)s, lisez les avis de Doudoumatous, Luocine, Patrice et Ally 😉.

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Bulgarie Romans

Ballade pour Georg Henig – Viktor Paskov

Traduction du bulgare par Marie Vrinat – Éditions de L’Aube

Largement autobiographique, Ballade pour Georg Henig est un hymne à l’art, à la musique et à la vocation artistique. C’est aussi le récit d’une enfance marquée par la pauvreté et révoltée par la mesquinerie.

« Tandis qu’il taillait à l’aide de fins ciseaux l’extrémité des deux parties du violon, Georg Henig me racontait des histoires de violons : les plus beaux contes qu’il avait jadis entendus, dans son enfance. Il me parlait des différentes écoles : Brescia, Crémone, Venise, Milan, Naples, l’école tyrolienne, l’école saxonne, l’école viennoise ; il me racontait que les violons parcouraient le monde entier, de main en main, et tombaient tantôt dans celles de charlatans, de riches comtes et barons, dans des palais et dans de pauvres maisons : qu’il est étrange, le sort d’un instrument fait par un maître ! Quelles déchéances et tragédies, mais aussi quelle admiration et quelle gloire ! »

Georg Henig, luthier tchèque venu en Bulgarie pour « aider quelques exaltés à créer une culture musicale en Bulgarie », finit sa vie dans la solitude et la misère la plus noire. Abandonné de tous, y compris de ses anciens élèves, il ne se laisse approcher que par la famille de Victor, un enfant que le vieil homme fascine par son dévouement total à son art.

Poétique, ou plutôt musical, ce court récit à hauteur d’enfant est très mélancolique et les touches de lumière sont très rares. Tout est fait pour créer une impression oppressante : les lieux de vie exigus et étouffants, les difformités physiques, la saleté omniprésente, les attitudes obsessionnelles …

Portrait de la vie quotidienne d’un quartier très pauvre où chacun tente de survivre et de ne pas sombrer dans la folie, cette Ballade pour Georg Henig recèle de magnifiques passages sur la vie de quartier, l’amitié et la solidarité, comme sur l’art de la lutherie. Si je lui ai trouvé des longueurs et une certaine lourdeur psychologique (Victor Paskov semble prisonnier de la nostalgie, y compris d’un temps qu’il n’a pas connu lui-même), j’ai été sensible à ce vibrant hommage aux artistes/artisans d’art et à cette immersion dans la Bulgarie d’après-guerre.

Ballade pour Georg Henig a déjà été lu et chroniqué par Passage à l’Est et Soufflebleu (que je découvre à cette occasion), ou encore par Lire et merveilles et Patrice lors du Mois de l’Europe de l’Est.

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Bulgarie Romans

Les dévastés – Théodora Dimova

Traduction du bulgare par Marie Vrinat – Éditions des Syrtes

À travers le récit de quatre femmes frappées de plein fouet par l’épuration de leur pays à la fin de la Seconde Guerre mondiale, j’ai découvert un pan méconnu de l’Histoire de la Bulgarie, y compris dans ce pays où cette période a été totalement occultée. Surtout, j’ai été soufflée par la plume de Théodora Dimova (et sa traduction de toute beauté). Les dévastés est à lire d’urgence !

Dans ce roman, Théodora Dimova brosse le portrait d’une bourgeoisie menant une vie insouciante faite de pique-niques, d’harmonie conjugale et de jolis intérieurs, qui contraste avec ce qui se passe alors en Europe et dans le monde, comme avec la vie d’une grande partie de la population bulgare. Mais la guerre rattrapera aussi celles et ceux qui pensaient être épargnés.

Alliée de l’Allemagne nazie, la Bulgarie est vaincue, sans résistance, par l’Armée rouge à la fin de l’année 1944. Les communistes prennent les commandes du pays et cherchent à éradiquer toute influence religieuse et trace de la collaboration du gouvernement précédent avec l’ennemi. Intellectuels, religieux, mais aussi ennemis personnels des uns et des autres sont arrêtés, emprisonnés et exécutés clandestinement ou publiquement.

Dans ces portraits croisés se nouent les destins de trois familles qui resteront brisées par la mort du mari, du père. Chacune de ces histoires personnelles est tragique, bouleversante. Les femmes, en tant qu’épouses, mères et filles, sont au centre de ces récits, et pour cause : les hommes ne sont plus là, les femmes doivent vivre seules avec le poids de leur absence, de la culpabilité et du non-dit. Et si certains « vainqueurs » sont foncièrement mauvais, l’autrice ne tombe pas dans le cliché et montre que beaucoup cherchent simplement à sauver leur propre peau.

L’écriture fluide, extrêmement élégante et cinématographique de Théodora Dimova m’a tout simplement emportée. Elle nous met en empathie totale avec ses héroïnes et je voyais littéralement la scène se passer sous mes yeux, qu’il s’agisse d’une joyeuse soirée littéraire entre amis ou d’une attente angoissée dans l’intimité d’un appartement.

Dans sa postface, l’autrice explique brièvement pourquoi elle a tenu à écrire ce roman : « En tant qu’écrivain, ma tâche est de mettre le doigt dans la plaie (…). Notre génération se trouve à la frontière sur laquelle nous pouvons transmettre la mémoire de la vérité à ceux qui vivront après nous. Pour qu’ils ne vivent pas dans le monde humiliant du mensonge. » C’est chose faite ici, avec brio.

PS : Vous pouvez retrouver une passionnante interview de la traductrice Marie Vrinat chez Passage à l’Est !