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Dojnaa – Galsan Tschinag

Traduction de l’allemand par Dominique Petit et Françoise Toraille – Éditions Philippe Picquier

Le challenge des gravillons proposé par Sibylline était l’occasion idéale pour sortir de ma PAL ce court roman qui y dort depuis près de 3 ans !

Entre deux polars, je m’attendais à ce qu’il m’offre une grande bouffée d’air frais et un dépaysement bienvenu. Alors, certes, on est sous une yourte mongole, mais l’histoire qui nous est racontée est en quelque sorte « #metoo dans la steppe » (et avant l’heure puisque le roman a paru pour la 1re fois en 2001). Le propos est donc d’une actualité frappante (masculinisme quant tu nous tiens) et pas léger-léger.

Les gravillons sont chez Sibylline jusqu’au 20 mars !

Galsan Tschinag est un auteur mongol, et plus précisément touvain (les Touva sont un peuple turcique de Mongolie), qui a vécu en Allemagne, y a étudié et écrit en langues mongole et allemande. Il sait de quoi il parle et n’idéalise pas la vie nomade, sans la rejeter. Dans ce roman, il montre surtout les mâles sous leur jour le plus rustre, pour ne pas dire animal. La pauvre Dojnaa est ainsi mariée à Doormak, que je qualifierai de sale type, pour le moins :

« Une fois de plus, il avait le sentiment qu’elle l’agressait, que son statut de mari était menacé, prêt à s’effondrer et à sombrer dans le ridicule. Il crut qu’il lui fallait se défendre, ce qu’il fit sur-le-champ : il lui flanqua une gifle retentissante. (…) Il éprouvait la même chose qu’un chien qui a terrassé un loup plus par inadvertance que volontairement. Et tout comme le chien, il n’avait pas de plus cher désir que de recommencer à la première occasion. »

Longtemps, Dojnaa accepte de « rester à sa place », par respect des traditions, parfois par pitié pour ce mari si puéril, et surtout par dépendance affective et matérielle (un scénario bien connu des violences conjugales). Et puis, un jour, Doormak s’en va et, cette fois, ne revient pas. Dojnaa va alors renouer avec sa vraie nature, celle d’une chasseuse, d’une force de la nature, le roman prenant alors un tour initiatique, presque mystique.

Je m’attendais à un roman un peu contemplatif, avec force descriptions de la nature et faisant de Dojnaa une « femme forte » luttant contre l’adversité. Or, c’est bien plus dynamique, subtil et complexe que ça. Galsan Tschinag est un auteur à découvrir, à la langue parfaitement accessible et délicate. Je reviendrai certainement vers son œuvre, d’autant que j’ai repéré La fin du chant chez Cath L.

34 réponses sur « Dojnaa – Galsan Tschinag »

Son nom me dit quelque chose mais je n’ai jamais rien lu de lui. Je le note tout de suite car la thématique m’intéresse, tu t’en doutes et j’ai vu que ma médiathèque en ville proposait plusieurs de ses oeuvres.

J’avais noté le nom de l’auteur il y a longtemps et puis je me suis laissée distraire par d’autres auteurs.

Tu es une fidèle des éditions Picquier donc je ne suis pas étonnée que tu aies croisé cet auteur 😀. Mais on doit faire des choix … Je le comprends très bien !

N’est-ce pas ? Cela joue sans doute dans le fait qu’il ait plusieurs romans traduits en français. Son style est plus accessible que celui d’autres auteurs asiatiques et il y a plus de traducteurs pour l’allemand que pour les langues mongoles 😉.

je n’avais pas entendu parler de ce roman. C’est fou, le nombre de livres et d’auteurs que l’on ne connaît pas ….

Je l’ai trouvé en librairie en fouillant spécifiquement le rayon (l’étagère ?) des romans asiatiques hors Japon et Chine. Sinon je ne l’aurais sans doute pas croisé et cela aurait été bien dommage. Mais on ne peut pas tout lire non plus !

Tout comme Alexandra (Je lis je blogue). J’aimerais bien rajouter un auteur mongol sur mes étagères, Galsan Tschinag est d’ailleurs le plus traduit chez nous (en même temps, de l’allemand, c’est sûrement plus simple^^), mais « initiatique presque mystique », je ne suis pas très sûre d’adhérer.

Tout est dans le « presque » 😉, c’est vraiment très léger et cela ne m’a pas gênée mais Ciel bleu sera peut-être davantage à ton goût.

Le mari de Doojna est vraiment un boulet, mais sans que cela excuse sa bêtise crasse, on comprend par moments qu’il a été piégé par la tradition.

Eh bien celui-ci, je le note d’autant que c’est un texte court. Depuis ma lecture d’Aysuun de Manook, j’ai envie de retourner dans les steppes… Merci pour la découverte!

Répondre à Jenevelle LaclosAnnuler la réponse.

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