Catégories
Porto Rico Romans

La maîtresse de Carlos Gardel – Maya Santos-Febres

Traduction de l’espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo – Éditions Zulma

Une première lecture d’Amérique latine pour mon blog ! Je vous invite aujourd’hui à découvrir un roman foisonnant, sensuel et dépaysant autour de la rencontre (a priori imaginaire) entre le mythique Carlos Gardel et une jeune Portoricaine tiraillée entre son héritage de guérisseuse et son ambition scientifique.

Mon nom est Michaela Thorné et je suis une femme qui se souvient. Avant cela, j’ai été bien des choses : une jeune élève infirmière, la petite-fille d’une vieille guérisseuse, la protégée du docteur Martha Roberts de Romeu. J’ai aussi été la maîtresse de Gardel.

C’est sur ces trois phrases que s’ouvre ce roman passionnant et passionné. Il y sera question du racisme subi par la population noire de Porto Rico, et d’Amérique latine en général, de la connaissance subtile des plantes médicinales qu’avaient les natifs de ce continent, du pillage des ressources par les Occidentaux, du rôle de cobayes joué par les Portoricains et les Portoricaines pour les laboratoires et médecins américains. Bien sûr, il y sera également question de tango, de chanson, mais aussi de Toulouse (car Carlos Gardel serait né sous le nom de Charles Gardes dans la Ville rose), de Buenos Aires évidemment, de Paris ou encore de New York et de son Spanish Harlem.

Mayra Santos-Febres a une écriture vibrante, exubérante et précise à la fois. Elle parvient à entrecroiser le parcours d’une jeune femme qui se cherche et se construit avec celui d’un Carlos Gardel toujours tombeur, mais en bout de course. On ressent la chaleur des corps, la touffeur de l’air et la luxuriance de la nature, tout comme le dilemme de celles et ceux qui veulent échapper à leur destin de misère.

Une très belle découverte, à la fois d’un pays à l’histoire coloniale lourde et victime d’innombrables fléaux, d’un personnage de légende (qui se résumait pour moi surtout à un nom et à un costume de faux gaucho à paillettes), et enfin d’une formidable écrivaine.

PS : Le blog se met en pause estivale. Retour le 21 août ici et dans vos messageries ! Bel été et à bientôt !

19 réponses sur « La maîtresse de Carlos Gardel – Maya Santos-Febres »

C’est foisonnant, mais l’écriture et la lecture sont très fluides. La traduction semble couler de source aussi (pour autant que je puisse en juger). Et merci, j’ai hâte de partir un peu, quelques pavés sous le bras 😀

J’ai relevé le nom de cette auteure dans le cadre du Mois latino (en février, si tu souhaites relire sud-américain, c’est une bonne occasion !) car les écrivains Portoricains traduits sont rares, et Maya Santos-Febres semble dotée d’une plume envoûtante..

Passe de bonnes vacances !

Je vais aller voir ça ! J’ai aussi trouvé depuis deux ou trois titres prometteurs d’autres autrices latino-américaines. Si le mois latino revient en 2024, je serai parée 😀

Le pays est passé de mains en mains au fil de l’histoire, un passé lourd mais riche dont on découvre quelques pans grâce à cette lecture (j’en ignorais tout, y compris qu’il s’agissait d’une île, shame on me).

Bonne pause estivale ! Je découvre ce roman avec ta chronique. Je n’ai pas souvent l’occasion de partir livresquement en Amérique latine, ça me plairait pourtant.

C’est assez nouveau pour moi aussi, à quelques exceptions près. Un tour récent en librairie m’a fait faire le plein de romans de ce continent.J’espère les lire et les chroniquer prochainement pour continuer le voyage ! En plus, il se trouve que tous sont écrits par des femmes. Hasard ou pas, je ne sais pas trop 😀

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.