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Littérature jeunesse Suisse

Drôle d’histoire ces métiers – Markus Rottmann, illustré par Michael Meister

Traduction de l’allemand (Suisse) par Laurence Olivier – Éditions Helvetiq

Saviez-vous qu’au 18e siècle, des hommes étaient parfois payés pour se laisser pousser barbe, cheveux et ongles, faire semblant de vivre dans une grotte et errer dans les jardins paysagers d’élégants manoirs ? Autrement dit, il s’agissait de faux ermites censés apporter un peu de cachet aux pelouses de nobles anglais. On parlait alors d’« ermites d’ornement », un métier assez improbable…

Dans ce formidable album illustré, ce sont justement plus de 80 métiers, souvent insolites, qui nous sont racontés avec précision et humour. Enfants et adultes y apprendront forcément quelque chose, de l’origine du mot « souffre-douleurs » au rôle des pleureuses dans l’Angleterre d’aujourd’hui, en passant par la mission des renifleurs de café. L’auteur a eu la bonne idée de prendre le temps d’expliquer aux plus jeunes la notion de métier et ce qui distingue un métier d’un travail. D’ailleurs, tout le livre est construit de manière très pédagogique.

Nombre des métiers évoqués ont disparu depuis belle lurette, mais il y en a d’autres plus récents que je trouve malin d’avoir intégré dans cet ouvrage. Les présentations qui tiennent sur une à deux pages permettent de parler avec les enfants des conditions de travail qui ont bien changé depuis l’Antiquité et le Moyen Âge, des droits des femmes et des enfants, et de la technologie qui a évolué à vitesse grand V en quelques décennies. Un petit encart intitulé « Pourquoi ils ont disparu ? » nourrit d’ailleurs efficacement la réflexion et la discussion.

Ca fiche un coup de vieux, non ? 😀

On picore quelques pages à la fois et on s’extasie devant la poésie de certains métiers (ah, les commentateurs de films muets ou les lecteurs d’usine…) ou, au contraire, on fait « beurk » avec les enfants quand on voit ce que des hommes et des femmes ont eu à faire pour vivre (foulonniers et autres collecteurs de nuit). On s’étonne, on rit, on fait la grimace, et surtout on apprend beaucoup de choses en s’amusant !

Une découverte que je recommande chaudement aux petits (à partir de 8 ans environ) comme aux grands, amoureux d’histoire(s) … et de mots car de nombreuses expressions encore employées viennent de ces métiers disparus.

Mes échappées livresques vous le recommande aussi ;-D.

22 réponses sur « Drôle d’histoire ces métiers – Markus Rottmann, illustré par Michael Meister »

Jolie trouvaille ! J’ai appris récemment qu’à Singapour, jusque dans les années 60, il y avait des travailleurs chargés de collecter les excréments humains dans la rue ! Lorsqu’on fait des recherches historiques ou généalogiques, on trouve beaucoup de petits métiers disparus. Sinon, je suis assez vieille pour avoir connu les employés de vidéo Club ! Souvenirs, souvenirs…

L’arrivée de l’eau courante et des commodités dans les logements personnels a eu vraiment du bon ! J’ai visité un musée passionnant qui m’a fait découvrir des tas de métiers artisanaux que je ne soupçonnais pas (il faudra que j’y consacre un billet un de ces jours), et parfois, chez nos ancêtres lointains ou pas on trouve en effet des métiers disparus. Je trouve ça fascinant.

En effet c’est le genre de livres à regarder en famille, ainsi chaque génération fera appel à son vécu ou à des connaissances livresques pour en rajouter. Je ne connaissais pas les « ermites d’ornement » mais moi aussi j’ai connu les boutiques de location de vidéos ! Merci pour cette présentation sympathique.

Je les ai connues aussi, mais j’ai plus le souvenir d’employés qui faisaient ça comme ils auraient servi des hamburgers. Je ne suis jamais tombée sur des passionné(e)s.

Si les ermites d’ornement ont le droit de posséder une jolie bibliothèque, je postule !

Merci pour cette excellente idée de lecture, le livre plaira à mes enfants 🙂

C’est vrai que ça fait rêver (le manque d’hygiène mis à part :-D). Ca dénote en revanche une telle distance entre la vie réelle du « peuple » et cette noblesse qui décorait son jardin avec des hommes comme on le ferait avec des nains de jardin que c’en est désespérant. Ce livre était par ailleurs le premier ouvrage suisse à entrer sur ce blog, il était temps !

Mais je n’y avais pas pensé du tout ! (j’aurais dû pourtant vu le titre et le sujet !). Merci d’avoir été plus perspicace que moi sur ce coup-là.

je vais immédiatement réservé ce livre j’adore l’idée même si je ne suis pas fan des dessins

J’ai bien aimé le style graphique pour ma part, mais il a un côté « formel » qui ne séduit pas toujours.Il y a de belles doubles pages sur les nounous notamment, et sur les brasseuses de bière et leur tenue traditionnelle qui a inspiré un vaste imaginaire…

Tout à fait d’accord, on ne peut qu’être soulagés que certains métiers aient disparu, en tous cas dans les pays développés, et cela permet de voir que les femmes ont travaillé a l’extérieur très tôt, et que ce n’était déjà pas du goût de tout le monde…

C’est exactement le genre de livre qu’il faut picorer effectivement. On l’a commencé dans un café avec ma fille et ça a donné lieu a une conversation inattendue avec notre serveur qui s’est avéré féru d’Histoire. C’était amusant mais pas si surprenant que ça finalement, la question des métiers parle à beaucoup de monde !

J’adore ce genre d’ouvrage instructif et amusant, en mode faits et anecdotes, et si c’est une lecture familiale, c’est encore mieux. Et la thématique métiers ici est particulièrement intéressante ! J’ai connu aussi les vidéo-clubs ! 😆 C’est drôle d’ailleurs comme leur disparition s’est faite quasiment sans qu’on s’en rende compte.

C’est vrai qu’on l’a à peine remarquée à l’époque… Aujourd’hui, a l’ère du streaming, ça semble un usage totalement vétuste 😊.

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