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Norvège Romans

Cairns – Martin Baldysz

Traduction du norvégien par Marina Heide – Éditions Paulsen

Découvert chez Aifelle, Cairns est un roman au charme étrange, dont j’ai beaucoup apprécié l’ambiance, mais moins la fin m’a un peu « cueillie à froid ». Je suis donc particulièrement curieuse de connaître l’avis d’Ingannmic qui s’est jointe à moi pour cette lecture.

J’ai aimé suivre les pensées de Reidar-le-Montagnard, aussi connu sous le surnom moins flatteur de Reidar-le-Marginal, un fermier solitaire porté sur la bouteille. Un homme qui a parfois des envies d’ailleurs, un être à l’âme peut-être sensible qui accepte d’accompagner en montagne le nouveau pasteur de la communauté. Celui-ci est décidé à partir à la rencontre de Kirsten Nesse, une bergère qui aurait assassiné un chasseur un an plus tôt. Est-elle bien vivante comme l’affirment des villageois ou est-elle devenue une huldra, séduisante créature du folklore nordique ?

Cairns est un roman court qui me permet une nouvelle participation aux Gravillons de l’hiver chez Sibylline.

Dans cette montagne hostile et d’une beauté à couper le souffle, les deux hommes tâchent d’accorder leurs pas, à défaut de leurs pensées qui restent fermées à l’autre. Mais le danger n’est jamais loin en montagne, et Reidar n’est pas un guide aussi fiable qu’il le pensait, préoccupé qu’il est par les rêves étranges qui le poursuivent à propos de ce qui est arrivé à Kirsten. La fin (que je ne dévoilerai pas) m’a prise de court et fort peu émue, je dois dire. Son côté mystérieux s’inscrit parfaitement dans l’esprit du roman et n’est ni surprenant, ni gênant, mais j’ai eu le sentiment que quelque chose m’avait échappé et que l’auteur ne m’avait pas donné assez d’indices sur un point. C’était sans doute volontaire, et c’est aussi ce qui fait le charme des romans courts. Ici, cela a cependant un peu terni mes impressions (frustration quand tu nous tiens !).

Céline recense les lectures scandinaves. Vous trouverez donc chez elle une vaste bibliographique nordique !

Qui aime la randonnée en montagne, les paysages nordiques spectaculaires, les contes intemporels et les bergers taiseux, y trouvera probablement son compte. Dans cette catégorie de roman, ma préférence va cependant encore et toujours au petit bijou qu’est Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson (qui, avec ses 70 petites pages, pourrait être qualifié de gravillonnet 😋).

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Bulgarie Littérature jeunesse Romans

Voyage dans la terre d’en bas – Les aventures de Baptiste, détective privé

Texte de Yulka & illustrations de Yana Léviéva Traduction du bulgare par Eli – Éditions Élitchka

Pour terminer avec un peu de légèreté et de traditions bulgares, je vous propose d’embarquer pour un voyage en Terre d’en bas aux côtés d’un petit bonhomme ventripotent de 33 ans qui vit toujours chez ses parents et que son patron vient de renvoyer au motif qu’il est « le pire détective qu’il ait jamais embauché ».

Le dénommé Baptiste se retrouve donc propulsé dans un pays loin d’être toujours merveilleux, pour y mener une enquête tout sauf banale : il a été chargé de retrouver les contes qui ont disparu de la surface de la Terre du milieu (qui n’est pas celle de Tolkien, bien qu’on puisse imaginer un clin d’œil de l’autrice).

Accompagné de sa fidèle souris tricoteuse, il croise de nombreux personnages du folklore bulgare (un vampire bien sûr, la Lamie, la Khala… qui sont présentés en détail en fin d’ouvrage) ainsi que des créatures plus universelles (Maman ourse, Roule-galette, des ondines…). Pas spécialement courageux ni débrouillard, Baptiste va cependant braver bien des dangers et affronter peut-être ses pires ennemis : sa paresse et son mauvais caractère !

Ce roman jeunesse illustré – conseillé pour les 9-12 ans – est superbe ! Dans un très agréable format souple de 23×16 cm, il regorge de magnifiques décors pleine page et d’illustrations qui se glissent ici et là. Avec son texte aéré (nombreux dessins mais aussi large interligne, police de caractère très lisible et découpage en chapitres courts), il me semble parfait pour des enfants encore impressionnés à l’idée de lire un « vrai » roman. Et Baptiste, le anti-héros, change agréablement des chevaliers sans peur et sans reproche ! Il y a du frisson, de l’amitié, de la solidarité. Bref, tous les ingrédients d’une excellente lecture jeunesse. Un petit jeu, rappelant le jeu de l’oie, accompagne même le livre pour prolonger l’aventure.

Avec ce roman, j’ai découvert Elitchka, une micro-maison d’édition basée en Alsace qui se consacre à diffuser la littérature jeunesse bulgare en France, y compris avec des ouvrages bilingues. Je vous recommande d’aller faire un tour sur son site où les livres publiés sont tous plus beaux les uns que les autres. Ai-je mentionné que Yulka, qui signe le texte ici, a été sélectionnée à plusieurs reprises (hélas sans succès pour l’instant) pour le prix Astrid Lindgren ? Cela vous donne une idée de la qualité de son travail !

PS : Ainsi s’achève mes chroniques bulgares à l’occasion de la Rentrée à l’Est. Rendez-vous mi-octobre pour le bilan de nos billets à toutes et tous !