Traduction du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec
Que le retour à la dure réalité après le cocon des fêtes vous soit pénible ou que vous soyez soulagé(e) que le mois de décembre soit enfin derrière vous, jetez-vous sur Les nuits de laitue : C’est un formidable remède contre la morosité !

On y fait la connaissance d’une délicieuse galerie de personnages, tous originaux et très attachants. À commencer par Ada, « petite souris » hyper sociable qui compte parmi ces personnages de fiction que j’adorerais rencontrer dans la vie ! J’ai beaucoup ri et souri, mais la tendresse et même la tristesse affleurent aussi, et c’est un mélange très, très réussi. Toutes ces émotions, ces personnages farfelus, sans oublier les chiens qui ont visiblement un grain et Otto, ce vieux bonhomme grincheux, m’ont d’ailleurs rappelé le film d’animation Là-haut que je vous recommande au passage si vous ne l’avez pas encore vu.
Un couple qui dure :
« Otto et Ada avaient passé un demi-siècle ensemble à cuisiner, à faire des puzzles géants de châteaux européens et à jouer au ping-pong le week-end (du moins jusqu’à l’arrivée de l’arthrite). Ada et Otto avaient vieilli côte à côte et, à la fin, ils avaient pratiquement le même timbre de voix, le même rire, la même démarche. Ada avait les cheveux courts, elle était maigre et aimait le chou-fleur. Otto avait les cheveux courts, il était maigre et aimait le chou-fleur. »

Quelques lignes qui parleront aux insomniaques :
« Pendant quatre heures sans fermer l’œil, on a le temps de faire l’aller simple jusqu’en enfer et d’y rester à ressasser des choses terribles et angoissantes, anticipant la mort d’êtres chers et laissant remonter à la surface ce qui aurait dû rester pour toujours enterré dans les profondeurs du passé : des disputes jamais réglées, des haines ravalées envers des gens disparus depuis des lustres, des choses entendues et demeurées incomprises, des tragédies, des nouvelles affligeantes. En quatre heures, on a le temps de revisiter les pires moments de son existence, dans l’ordre, et en prime on finit en sueur avec des maux de gorge et une tachycardie. »
Un grand merci à Luocine pour son billet sur ce roman qui m’a aussitôt donné envie de le découvrir (j’adore moi aussi le passage sur les savons !). Je n’ai pas regretté un instant de l’avoir mis en tête de ma liste à lire pour les Gravillons de l’hiver chez Sibylline (avec 185 pages, je suis dans les clous).
Retrouvez également les avis de Keisha et Fanja ici et là.
