Traduction du russe (Ukraine) par Paul Lequesne – Éditions Liana Lévi
Pour ses Escapades en Europe, Cléanthe nous propose ce mois-ci de lire sur le thème des migrations et des déplacements de population. C’est un sujet souvent très douloureux, qui m’intéresse beaucoup, mais je suis dans une période où j’ai envie d’un peu de légèreté. Et puis, je suis tombée chez Keisha sur un roman qui m’a semblé parfait : Vilnius, Paris, Londres du célèbre auteur ukrainien d’expression russe Andreï Kourkov.

Fin 2007, la Lituanie intègre l’Union européenne. Dans la nuit qui précède l’entrée en vigueur de cet élargissement, trois couples d’amis font la fête et décident de profiter de cette nouvelle liberté de circulation pour aller tenter sa chance qui à Londres, qui à Paris, qui à Rome. Dans une alternance de chapitres, on suit chacun de ces couples dans ses (més)aventures plus ou moins rocambolesques et plus ou moins tragiques, ainsi qu’un septième personnage, le mémorable Kukutis. Celui-ci est une sorte de Highlander, vous savez (ou pas 😆), ce guerrier immortel incarné par Christophe Lambert dans les années 1980… Doté d’une jambe de bois aux innombrables tiroirs secrets et d’une empathie hors norme, Kukutis donne une dimension particulière à ce roman et j’ai adoré ce personnage aux réflexions très justes et très drôles, et surtout extrêmement attachant.


J’ai lu que Kourkov était « l’écrivain de la tendresse » et je comprends maintenant pourquoi. J’ajouterai que dans ce roman, la nostalgie domine. Nostalgie d’une Europe qui enthousiasmait, de lendemains qui pouvaient chanter, d’une hospitalité et d’une solidarité qui se moquait des frontières, d’une communication qui était encore essentiellement humaine … Vilnius, Paris, Londres n’est cependant pas du tout une lecture morose, et elle est au contraire pleine de fantaisie et d’humour.
Un bémol malgré tout : même si le roman fait quelque 600 pages et se lit avec plaisir, je ne me suis pas attachée à tous les personnages dont je confondais toujours les noms à la fin (ce n’est pas bon signe chez moi !). Chaque chapitre concerne en alternance un des trois couples : ce découpage m’a semblé un peu « facile » et a surtout nui à donner corps aux personnages, à l’exception de Kukutis et de Renata, qui sont plus fouillés. Cette jeune femme, très attachée à sa maison, son village, sa campagne et son pays, m’a paru davantage incarnée.
Les mirages et les espoirs de l’exil sont cependant très bien montrés, et ce roman m’a permis de retrouver les rues de mon ancien quartier parisien ainsi que Margate, dans le Kent, une station balnéaire à laquelle Nathalie a consacré un billet. De Vilnius, il n’est en réalité pas question. Mais la balade dans les autres villes de France et d’Angleterre me permet d’inscrire ce billet aux lectures urbaines de Sous les pavés, les pages chez Athalie et Ingannmic.

5 réponses sur « Vilnius, Paris, Londres – Andreï Kourkov »
Ha dommage ! avant d’arriver à la fin de la lecture de ton billet, je me disais que j’allais enfin trouver un titre de cet auteur qui me plairait … Tant pis et merci pour ta participation.
J’ai adoré « les abeilles grises », mais ensuite j’ai été déçue je pense que ce titre là me plairait bien.
Le côté nostalgie pourrait me plaire mais pas certaine que cela soit le cas sur 600 pages…
Et ça te fait 3 points de plus, tout juste de quoi passer à l’échelon supérieur , bravo !
Et devine quel livre j »ai commencé ce matin même! Le pingouin! Encore une coïncidence de lecture 🙂