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Mauprat – George Sand

Le Livre de poche

Et voici un classique pour annoncer la rentrée ! Pour le Challenge autour des deux George (Eliott et Sand) organisé par Miriam et Claudialucia, j’ai enfin sorti un roman entré dans ma PAL suite à ma relecture de La Petite Fadette. Je l’avais acheté, motivée à bloc pour continuer à lire George Sand, et ma librairie n’avait ce jour-là que Mauprat en rayon. Et ce fut une bonne pioche !

La famille Mauprat compte 2 branches, celle des Casse-tête et celle des Coupe-Jarret. Bernard Mauprat est le plus jeune des Coupe-Jarret et grandit au milieu de son grand-père et de ses oncles aux mœurs « féodales » qui truandent, pillent, enlèvent et violent sans scrupule. Lorsqu’ils ramènent dans leur sinistre château une proie de choix, l’héritière de la branche des Casse-tête, Bernard – ébloui par sa beauté et son sang-froid – l’aide à s’échapper. Cette fuite marquera le début de sa « rééducation » et de nombreuses péripéties.

Edmée, l’héroïne, a de la poigne, est pétrie des idées de Rousseau et se montre d’une droiture exemplaire. Bernard a un bon fond mais il est rustre et sanguin. Une chose est sûre : il aime passionnément sa cousine (« à la mode de Bretagne ») et est prêt à tout pour l’amour d’elle. Et c’est lui-même, à l’âge de 80 ans, qui narre à un visiteur de passage son parcours semé d’embûches vers la raison et la sagesse.

Image par darksouls1 pour Pixabay

George Sand mêle le roman gothique à la romance, les réflexions philosophiques et politiques (la Révolution approche), la critique sociale et le conte presque folklorique avec bonheur (comme toujours, ai-je envie de dire). Mauprat offre même une incursion dans la Guerre d’indépendance américaine, une enquête et un procès à rebondissements ! Et tout cela semble couler de source (je passe sur quelques coïncidences un peu faciles qu’on lui pardonne très vite et sur ma lecture en diagonale de quelques digressions philosophiques un peu longues à mon goût).

Sand est vraiment une conteuse hors pair et je me régale à chacun de ses romans ! Et bien sûr, elle n’hésite pas à mettre les points sur les i à son personnage et à ses lecteurs à propos de quelques préjugés misogynes 💪. Une raison de plus pour découvrir ce beau classique, romanesque à souhait.

« Bernard, voulez-vous que je vous dise pourquoi ils croyaient les femmes menteuses ? — Dites. — C’est qu’ils employaient la violence et la tyrannie avec des êtres plus faibles qu’eux. Toutes les fois qu’on se fait craindre, on risque d’être trompé. Lorsque, dans votre enfance, Jean vous frappait, n’avez-vous jamais évité ses brutales corrections en déguisant vos petites fautes ? — C’est vrai, c’était ma seule ressource. — La ruse est donc, sinon le droit, du moins la ressource des opprimés. »

Le livre fait plus de 500 pages (dont pas mal de notes et commentaires) et me permet une première participation cette année aux Pavés de l’été !

D’autres avis chez Claudialucia et Plaisirs à cultiver.

30 réponses sur « Mauprat – George Sand »

Je crois que je n’ai jamais rien lu de Sand… mon coeur bat toujours plus du côté d’Eliot. Pourtant, j’adore les caractéristiques du roman gothique. À noter si un jour j’ai la possibilité de le lire. 🙂

Moi qui ne suis pas fan du gothique, j’ai trouvé mon compte avec ce roman qui ne se limite pas du tout à ce genre. Eliot me tente beaucoup aussi, et j’ai hâte de la découvrir, mais ce sera pour un peu plus tard.

Tu me rappelles des souvenirs très lointains d’un roman que j’avais beaucoup aimé adolescente, et que j’avais aussi trouvé assez mystérieux. D’ailleurs il me semble que l’image de couverture ressemblait à ce château ténébreux que tu as mis en illustration.
Ta description me fait aussi penser à un classique un peu plus tardif (1869), et anglais (mais traduit en français): Lorna Doone. Je te laisse découvrir le résumé par toi-même.
J’espère que tu as passé de bonnes vacances (anglaises?)

Oh mais oui, la ressemblance entre les deux intrigues est frappante !! J’ai passé d’excellentes vacances, dans une Angleterre asséchée elle aussi, mais aux températures bien plus supportables qu’en France. Et quelle richesse culturelle et historique !

Un Sand qui semble savoureux, mais je le note pour plus tard car comme j’en ai déjà lu un cette année, je tenterai plutôt de caser Eliott pour changer.:) Bonne reprise en passant !

Merci 😉 J’ai trouvé Le moulin sur la Floss d’occasion en Angleterre, et ce sera sans doute une de mes prochaines lectures classiques, mais je ne sais pas quand car c’est quand même un beau petit pavé… Mais ces classiques ont du bon, et j’apprécie que pour une fois, on n’ait pas un regard masculin sur la société de cette époque. C’est vivifiant !

Oui, heureusement ! Il y a tellement de challenges en même temps qu’on ne sait plus où donner de la tête. Mais parfois, l’un mène à l’autre : j’ai acheté Mauprat après ma participation aux Classiques fantastiques et j’ai eu l’occasion de le sortir de ma PAL pour l’année Eliot-Sand. Quand à Eliot, si je rate le coche avec le duel, je la caserai peut-être pendant le Mois anglais… ou à un tout autre moment !

Bonjour Sacha
Je ne pense pas avoir jamais lu Mauprat…
En tout cas, avec les 544 pages de cette édition Livre de Poche, ton billet pourrait aussi participer au challenge Pavés d l’été 2025 chez Sibylline / La petite liste!
(s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

Malheureusement, il y a beaucoup de notes, préface et lexique… En soi, le roman ne fait pas 500 pages et il me semble que ça ne passe pas dans ce cas-là, mais je poserai la question à Sibylline.

Merci pour ta participation ! Il entre dans notre bilan du mois d’août. Moi aussi j’ai beaucoup aimé Mauprat lu il y a quelques années. C’est vrai qu’il a des similitudes avec Lorna Doone.

Ce n’est pas le plus court qu’elle ait écrit, mais elle a aussi commis des romans-fleuves alors que celui-ci reste d’une taille raisonnable.

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