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Romans Tchéquie

Le Cavalier suédois – Leo Perutz

Traduction de l’allemand par Martine Keyser – Édition Phébus libretto

Le roman s’ouvre sur un délicieux prologue qui nous expose une étrange affaire : celle du « Cavalier suédois » qui aurait continué à rendre visite à sa fille Maria Christine, née von Tornefeld, pendant des mois alors qu’il combattait à des centaines de kilomètres de là, en Russie, pour le compte du roi de Suède. La fillette aurait-elle été victime de son imagination ? Un phénomène surnaturel était-il à l’œuvre ?

« Ils s’étaient tenus cachés tout le jour et, à présent qu’il faisait nuit, ils traversaient une forêt de pins clairsemés. Les deux hommes, qui avaient de bonnes raisons d’éviter les rencontres, devaient veiller à ne pas être vus. L’un était un vagabond, un maraudeur de foire réchappé du gibet, l’autre était un déserteur. »

Cette accroche donne le ton et je ne me suis pas ennuyée une seconde au cours de cette lecture bien souvent faite le sourire aux lèvres. Leo Perutz livre une critique féroce des riches oisifs et de l’Église, crée des situations/conversations improbables, manie une plume alerte et un indéniable sens du romanesque : je me suis régalée !

L’auteur nous conte avec un plaisir communicatif cette histoire dans laquelle deux hommes a priori aux antipodes, réunis par le destin (ou plutôt, le froid et la faim), échangent leur identité (l’un à dessein, l’autre à son insu). Il y a du Cartouche chez le voleur d’abord connu sous le nom de Piège-à-poules. La tête bien faite et doté d’un code d’honneur certes personnel mais plutôt pacifique, il est à vrai dire éminemment sympathique malgré le mauvais tour qu’il joue à son camarade d’infortune. Sa conscience et/ou son passé le rattraperont-ils ? Je vous laisse le découvrir par vous-même !

En résumé : un roman à mettre entre toutes les mains et que recommandaient déjà Claudialucia et Ingannmic (qui a lu presque toute l’œuvre de Perutz d’ailleurs) !

D’autres romans de Leo Perutz sur la blogosphère (quel succès !) : Le tour du cadran (Ingannmic), Le Marquis de Bolibar (Ingannmic, Mapero), Le miracle du manguier (Fanja), La nuit sous le pont de pierre (Ingannmic, Patrice), La neige de Saint-Pierre (Ingannmic), Où roules-tu petite pomme ? (Patrice), Le Judas de Léonard (Claudialucia, Sandrine).

PS : C’est en préparant ce billet que j’ai constaté que ce roman n’était pas traduit du tchèque, mais de l’allemand 🤔. D’où une petite vérification dont voici le résultat : Né à Prague dans une famille juive et de langue allemande à l’instar de son illustre contemporain Franz Kafka, Leo Perutz s’est installé à Vienne, alors capitale de l’empire austro-hongrois, à l’âge de 17 ans et a vécu à partir de 1938 entre Israël et l’Autriche. Très lu dans l’entre-deux-guerres, il est tombé dans l’oubli avant d’être redécouvert grâce à l’admiration que lui a portée – notamment – J.L. Borges.

Une réponse sur « Le Cavalier suédois – Leo Perutz »

je ne connais pas cet auteur et je sens que j’ai bien tort , je le mets dans ma liste il aura le numéro 124 mais je ne les lis pas dans l’ordre , cette liste me désespère !!!!

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