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C’est arrivé un premier septembre – Pavol Rankov

Traduction du slovaque par Michel Chasteau

Anne-Yès et Patrice m’ont donné envie de lire ce roman qu’ils avaient chroniqué à l’occasion d’une lecture commune. Une couverture pimpante et un titre raccord avec la rentrée : deux raisons de plus pour me lancer ☺️.

Pavol Rankov a imaginé un trio d’amis complété par la belle Maria, dont ils sont tous amoureux, et le suit de 1938 à 1968, période ô combien mouvementée de l’Histoire, notamment en Europe de l’Est. Gabriel est juif, Peter est hongrois et Jan est tchèque. Ils ont tous les trois grandi à Levice (Lewenz en allemand et Léva en hongrois), une ville qui aura été (si j’ai bien compris) austro-hongroise, slovaque, hongroise puis tchécoslovaque, et aujourd’hui slovaque. C’est là qu’ils se sont rencontrés sur les bancs de l’école. Lorsque le roman s’ouvre, un premier septembre, ils ont 13 ans et l’heure est encore à l’insouciance pour eux. Leur préoccupation du jour est de se départager, pour l’amour de Maria, grâce à une compétition de natation qui deviendra un fil conducteur du roman.

Nos héros, pourtant ordinaires, vont par la suite vivre nombre de péripéties alors qu’ils n’ont rien demandé. Et c’est le lot de bien des Européens à l’époque… L’exergue de Pavol Rankov ne dit pas autre chose : « Je dédie ce livre à mon père, à ses amis et à toute cette génération perdue qui, nul ne sait pourquoi, a été contrainte de vivre tout cela dans sa propre chair ».

Je n’ai pas vu passer les 457 pages de ce roman. Si les sujets sont souvent particulièrement graves (génocide, procès politiques, surveillance par la police secrète, empêchements de toute sorte), Pavol Rankov a choisi l’humour pour les aborder. Il n’élude jamais les drames et ne tombe pas dans le manichéisme, mais manie une ironie bienvenue, voire une certaine truculence, qui rend cette lecture extrêmement plaisante malgré l’évidente tragédie ou absurdité de la plupart des situations.

C’est arrivé un premier septembre est donc un roman aussi agréable qu’accessible, à recommander à toutes celles et ceux qui aiment se plonger dans l’histoire récente à travers des destins individuels, sans en ressortir plombés 😉.

25 réponses sur « C’est arrivé un premier septembre – Pavol Rankov »

Arriver à faire truculent avec ce genre de sujets est une petite prouesse ! J’apprécie la démarche car je trouve cela plus facile pour se confronter à des situations dramatiques sans se sentir anéanti par la lecture.

Exactement ! Ça rend la lecture plaisante malgré des sujets parfois complexes ou lourds, tout en montrant bien l’absurdité de l’histoire.

Il y a de belles découvertes, c’est vrai ! Bon, j’ai aussi eu des abandons dont je ne parle pas … mais il y a plus de bon que de mauvais, et j’ai gardé mon gros coup de coeur pour la fin…. Rdv le 30!

Eh bien voilà, parfait ! Une bonne idée de lecture côté Slovaquie !:) Dès qu’il y a de l’humour, de l’ironie, que c’est truculent, c’est clair que c’est pour moi !

Cela fait du bien un livre qui traite ainsi de sujets graves tout en ne nous déprimant pas davantage…je trouve même que souvent cela nous touche davantage finalement. Merci pour cette découverte, je n’avais jamais entendu parler de ce roman ni de son auteur…

J’ai le même ressenti que toi : la vie domine malgré tout et cela rend les émotions encore plus poignantes. Ravie de t’avoir permis cette découverte (avec le concours de tes bibliothèques !).

Je suis contente car la Rentrée à l’est a permis de chroniquer des romans récents et d’autres plus anciens. Le mois de l’Europe de l’Est est une mine d’idées de lecture en particulier 😉

Heureux de le voir chroniqué durant cette rentrée. Je me souviens bien de ma lecture, même si ce n’était pas un coup de coeur !

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