Traduction de l’espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon – Éditions Grasset
Auréolé du National Book Award du meilleur livre étranger 2022, ce livre a attiré mon regard en bibliothèque grâce à sa couverture d’un rose pimpant. Son petit nombre de pages (174) m’a ensuite convaincue de l’emprunter : encore une bonne occasion de participer aux Gravillons de Sibylline.

Alors, qu’a donné cette pêche au hasard des rayonnages ? Ma foi, j’ai fait là une lecture originale et intrigante. Car dans ce recueil de nouvelles « domestiques » venues d’Argentine, la folie ne semble jamais loin. Et l’autrice nous ménage de petites surprises et des chutes fort habiles.
Pas de réalisme magique, d’incursion fantastique ou autre approche littéraire « sud-américaine » : c’est avec une écriture vive et d’un naturel trompeur que Samantha Schweblin distille un malaise plus ou moins léger autour des personnages et des maisons au centre de ses nouvelles. De longueur variables (de 6 à 80 pages), ces textes laissent une impression trouble, parfois dérangeante, et toujours intéressante.
Plusieurs protagonistes ont de toute évidence un grain, ce qui est évidemment propice à des situations assez improbables, mais aussi (très) tendues. On rencontre ainsi une femme qui s’introduit dans des maisons et jardins pour y déplacer des objets, des grands-parents qui aiment se promener nus dans leur jardin (et ça ne plaît pas à tout le monde), une vieille dame souffreteuse que la démence rend paranoïaque… De quoi méditer sur la normalité apparente dans nos sociétés policées.


34 réponses sur « Sept maisons vides – Samantha Schweblin »
J’aime bien quand les gens ont un grain, mais je n’aime pas trop les nouvelles…
Ah, ce n’est peut-être pas pour toi alors…
comme toi cette couverture m’aurait attirée, et comme tu soulignes que ces nouvelles ne vont pas trop vers le fantastiques , je me dis que je lirai peut-être ces nouvelles .
Ceux à qui la littérature sud-américaine ne fait pas envie à cause du réalisme magique ou du fantastique peuvent apprécier ces nouvelles, je pense.
C’est grains là semblent délicieux.
Ils sont un peu flippants quand même parfois 🤣
Tant mieux….
Des chutes fort habiles. Pour des nouvelles, c’est LE point auquel je ne résiste pas.
C’est à une chute réussie qu’on reconnaît une bonne nouvelle, je suis d’accord !
Originales apparemment ces nouvelles mais comme ce recueil n’est pas dans une de mes deux médiathèques, je sais pas avance qu’il y a très peu de chance pour que je le croise un jour…Merci de la découverte, l’autrice m’était inconnue.
J’ai eu de la chance de tomber dessus ! Les nouvelles argentines ne courent pas les rayonnages ;-D
J’ai lu deux recueils de nouvelles de cette auteure et je retrouve mon ressenti dans ce que tu écris.
Elle est donc spécialiste de la nouvelle. Je n’ai pas trouvé de billet sur tes lectures, n’hésite pas à me donner les liens s’ils existent.
Je n’ai rien contre les nouvelles, rien contre une touche de fantastique non plus d’ailleurs ; donc je note si jamais je le trouve sur ma route.
Là, on a affaire à des gens un peu « borderline », c’est presque aussi angoissant du fantastique parfois !
Ce que tu en dis me laisse penser que ça pourrait aller (le côté foldingue ne me gêne pas). D’elle j’ai lu toxique qui, à relire mon billet, ne m’avait pas convaincue…
Mais quel(le) auteur/autrice n’as-tu pas encore lu 😆? Je viens d’aller voir ton billet : Toxique avait visiblement dépassé les limites du bizarre que j’aurais acceptées. Ici, c’est beaucoup plus terre-à-terre, même si foldingue est un qualificatif adapté pour la plupart des personnages. Pas de longueurs non plus, sans doute grâce au format de la nouvelle.
J’avais repéré un roman de cette autrice, mais ma médiathèque n’a que ces nouvelles, je note, ça me dit bien aussi.
Elle me semble douée pour ce genre littéraire, mais je n’ai pas un recul énorme non plus puisque ce recueil était une première rencontre avec cette autrice. Ce serait intéressant d’avoir un autre avis.
J’aime bien les novelles. Elles permettent d’entrer tranquillement dans l’univers d’un auteur ou d’une autrice. La littérature d’Amérique latine est souvent particulière mais il y a de nombreuses pépites. J’ai longuement hésité à relancer le challenge de lecture « Printemps latino » cette année (et le tourner en direction des autrices justement) mais il y a déjà beaucoup d’activité en cours.
Je suis tout à fait d’accord, c’est un format très riche et rarement ennuyeux (en tous cas, peu chronophage ;-D). J’ai beaucoup aimé tes deux rendez-vous, des Bonnes nouvelles et du Printemps latino, et j’avoue regretter leur disparation. Je manque de temps pour organiser une autre activité moi aussi, mais à terme, je me dis qu’une date de LC thématique comme l’avait fait Sunalee pour prolonger ses lectures d’Asie du Sud-Est serait une idée pour des lectures latinas, par pays ou effectivement consacrées exclusivement à des écrivaines.
Je ne connais pas, mais note. Car déjà, ça m’éloigne de mes lectures trop franco/françaises… Et puis j’aime les histoires qui frôlent avec la folie.
Alors, ça devrait te plaire ! Reste à voir si tu trouves facilement ce recueil…
Je ne connais pas et comme je ne suis pas une grande adepte de nouvelles, je vais passer mon tour. Merci pour la découverte !
C’est un genre qui a ses adeptes, mais qui ne convainc pas tout le monde, je le comprends très bien.
Arf, j’aurais noté pour les mêmes raisons que toi, en plus au-delà du rose, l’illustration de couverture et le titre me plaisent bien aussi, mais des nouvelles, aïe, aïe, ce n’est vraiment pas ce que je préfère. Même sans réalisme magique.^^ Mais bon, à voir si les chutes sont habiles.
Une des nouvelles est plus longue, mais les autres sont vraiment courtes, et je ne suis pas sûre que tu y trouverais ton compte si tu n’aimes pas trop le genre… Mais j’imagine que tu ne manques pas de lectures par ailleurs 🤣.
ah je le note ! je connais cette autrice, vivement recommandée par une amie qui enseigne l’espagnol dans une université américaine. J’aurais bien aimé la lire en version originale mais je ne trouve pas ses livres en librairie. Je vais regarder ce recueil du coup. Merci !
Oh, tu lis aussi l’espagnol ?
C’est bien, parfois, une petite dose de folie dans ce monde, non ?
Dans certains cas, oui, c’est loufoque et ça décoiffe des milieux un peu policés. Mais cela peut aussi tourner au drame. L’autrice sait manier les deux cas de figure.
bonjour, comment vas tu? encore une découverte grace à ton blog. passe une belle soirée et à bientôt!
Hello, je te signale que si tu ne les envoies pas aux Gravillons, ils ne vont pas y aller tout seuls 😀 😀 Au moins 2 que tu n’as pas envoyés et c’est fini demain :-¤
je lis rarement des nouvelles, mais celles ci ont l’air réussies !