Traduction de l’allemand par Isabelle Liber – Éditions Le Quartanier
Pour le rendez-vous des Feuilles allemandes l’an dernier, j’avais sorti de ma PAL La diplomate de Lucy Fricke, un roman qui m’avait beaucoup plu. L’acidité et le regard très contemporain de l’autrice m’ont poussée à piocher à nouveau dans sa bibliographie et à lire cette fois-ci Les occasions manquées. L’avis plus que mitigé de Luocine m’avait déjà mise en garde, mais je voulais me forger ma propre opinion. Bilan des courses : j’aurais pu me passer de cette lecture et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

Un policier italien résume assez bien les choses dans le roman : « Est-ce que toutes les femmes allemandes sont aussi barrées que vous ? » (traduction libre, je l’ai lu en VO). Martha et surtout Betty sont en effet un peu « fracassées », ce qui aurait pu/dû me les rendre sympathiques. À force de beuveries et de scènes caricaturales, elles m’ont en réalité agacée et jamais touchée. J’en ai aussi voulu à l’autrice de cumuler les clichés à la fois sur les Allemands, les Italiens et les Grecs, tout en essayant – maladroitement à mon humble avis – de montrer l’envers du décor.
Le titre allemand Töchter (« Filles ») souligne bien ce qui se joue dans ce roman pour ses héroïnes : les relations avec leur père ou leur absence de relations, et en filigrane avec leur mère. Pourquoi pas, mais à l’exception d’une ou deux analyses pertinentes (la génération des mères a lutté pour obtenir
une liberté dont les filles ne savent pas vraiment quoi faire), ça traîne en longueur, ça se noie dans le brouillard qui entoure Betty soit à cause de son sevrage médicamenteux, soit de ses cuites monumentales.

J’ai bien failli abandonner en route parce que j’ai trop de livres qui m’attendent pour perdre du temps avec ceux qui m’ennuient (même quand ils font moins de 300 pages comme ici). J’ai néanmoins poursuivi vaillamment, espérant que la fin rattraperait le reste du roman. Las, j’en ai été pour mes frais.
Ma conclusion toute personnelle : Lisez La diplomate, il vaut le coup, et oubliez Les occasions manquées !

29 réponses sur « Les occasions manquées – Lucy Fricke »
J’avais beaucoup aimé La diplomate. Je continuerai à lire cette auteure.
Les occasions manquées est un roman antérieur à La diplomate. J’en déduis que l’autrice a évolué dans le bon sens 😉.
j’ai relu ce que j’avais écrit, car ma mémoire est très sélective et je ne retiens rien des romans qui ne m’ont pas plu. Et c’est le cas pour celui-ci. Oui, il faut je pense arrêter la lecture quand ça démarre mal, mais souvent je vais jusqu’au bout et après je m’en veux.
C’est un roman oubliable ! J’abandonne relativement « facilement » d’habitude, mais quand j’ai déjà lu et aimé un auteur, je persévère la plupart du temps. J’ai rarement des regrets d’avoir abandonné pourtant, alors que comme toi, je peux avoir des regrets d’avoir perdu du temps avec un roman !
Le titre était prémonitoire… L’avalanche de clichés serait aussi venue à bout de ma patience.
C’est ce que je me suis dit aussi, même si ce n’était sans doute pas l’intention de la traductrice 😁
Je vais donc suivre ton avis et noter la diplomate.
Ah mince, c’est toujours d’être déçue par un livre/auteur dont on attend au moins aussi bien que le précédent, et surtout de sentir qu’on a perdu son temps. Bon, peut-être un coup de mou sur celui-là et son prochain sera meilleur.;)
Exactement, je ne ferme pas la porte à Lucy Fricke, mais j’espere qu’elle retrouvera le « niveau » de La diplomate.
C’est donc comme le titre une occasion manquée :):) Je passe mon tour moi aussi, mes listes sont bien trop longues et tes arguments convaincants.
Je savais que cet avis négatif arrangerait quelques personnes 😉. Moi-meme, j’apprécie quand on me fait éviter des déconvenues, même si bien sûr chacun(e) peut avoir un avis différent.
Je vais m’en tenir à ta conclusion et privilégier « la diplomate ». Je vois que tu as du mal toi aussi à lâcher un livre une fois que tu l’as commencé, même si tu sais que ça ne va pas s’arranger ..
En général, j’y arrive assez bien, mais quand j’ai aimé un autre roman du même auteur, j’ai plus de difficulté à laisser tomber car j’ai l’espoir de retrouver ce que j’avais aimé dans une précédente lecture. Bon, j’avoue avoir lu plusieurs pages en diagonale quand même 😂.
Lâcher un livre même court, heureusement j’y arrive ^_^ Mais il y a toujours le risque que ça s’arrange? Ah c’est compliqué!
C’est un vrai dilemme !
Je n’avais pas noté La diplomate (tout bêtement parce qu’il n’est pas à la médiathèque) et comme souvent je ne note que le nom de l’auteur ou autrice, tant mieux : j’aurais pu tomber sur celui-ci ! 😉
Dommage pour La diplomate dont l’humour est beaucoup plus subtil et les thèmes beaucoup plus intéressants, mais ici tu n’as rien raté 😉.
J’avais, à l’inverse de Cath L, noté La diplomate, mais n’ai pas trouvé le temps de le lire pour cette édition des Feuilles allemandes. Et donc, je retiens de ne pas retenir celui-là !
Je constate que je suis de plus en plus hermétique aux situations de beuverie et de dépression traitées sur un mode pseudo-burlesque… Je ne pense pas que ce soit ta tasse de thé non plus, donc oublie en effet ce titre !
Ton billet est une bonne occasion de passer à côté des occasions manquées !!!
Qui plus est, les histoires de beuverie dans les livres, je n’en peux plus !
Passe ton chemin sans hésiter 😉
Encore jamais lu cette autrice et naturellement je me serais sans doute tourner vers ce titre… je sais maintenant qu’il vaut mieux se tourner vers Les diplomates!
Oui, La diplomate n’a rien à voir avec ces Occasions manquées, si ce n’est que le personnage principal est une femme célibataire 🤣
Et bien je fais partie des lectrices qui ne lâche pas un titre, quitte à m’agacer ferme … Rien à faire. Mais donc, comme je ne commencerai pas celui-ci, voilà qui est réglé. Comme d’autres de tes lectrices, je note quand même La diplomate.
Mieux vaut que tu ne commences pas celui-ci en effet 😊.
Je sais vers quoi m’orienter avec cette autrice si je dois la lire! Merci pour cette chronique très éclairante.
J’ai clairement une préférence !
Dès que j’ai vu le titre, j’ai eu un mauvais pressentiment quant à ton avis et je ne me suis pas trompée 🙂 Curieusement, ce titre ne m’a jamais attirée, probablement à cause du mot « roadtrip ». Pourtant, son humour est (sur la quatrième) décrit comme “messerscharf” et “hinreissend”. Je te fais confiance, merci d’avoir fait le tri pour nous !
Participation notée !
En l’occurrence, le couteau était très mal affûté 😅. J’ai trouvé le roman profondément déprimé et déprimant, et loin de l’humour britannique par exemple qui peut faire rire d’à peu près n’importe quelle situation tout en faisant pleurer en même temps. Je suis clairement passée à côté ici.