Traduction du norvégien par Marina Heide – Éditions Paulsen
Découvert chez Aifelle, Cairns est un roman au charme étrange, dont j’ai beaucoup apprécié l’ambiance, mais moins la fin m’a un peu « cueillie à froid ». Je suis donc particulièrement curieuse de connaître l’avis d’Ingannmic qui s’est jointe à moi pour cette lecture.

J’ai aimé suivre les pensées de Reidar-le-Montagnard, aussi connu sous le surnom moins flatteur de Reidar-le-Marginal, un fermier solitaire porté sur la bouteille. Un homme qui a parfois des envies d’ailleurs, un être à l’âme peut-être sensible qui accepte d’accompagner en montagne le nouveau pasteur de la communauté. Celui-ci est décidé à partir à la rencontre de Kirsten Nesse, une bergère qui aurait assassiné un chasseur un an plus tôt. Est-elle bien vivante comme l’affirment des villageois ou est-elle devenue une huldra, séduisante créature du folklore nordique ?

Dans cette montagne hostile et d’une beauté à couper le souffle, les deux hommes tâchent d’accorder leurs pas, à défaut de leurs pensées qui restent fermées à l’autre. Mais le danger n’est jamais loin en montagne, et Reidar n’est pas un guide aussi fiable qu’il le pensait, préoccupé qu’il est par les rêves étranges qui le poursuivent à propos de ce qui est arrivé à Kirsten. La fin (que je ne dévoilerai pas) m’a prise de court et fort peu émue, je dois dire. Son côté mystérieux s’inscrit parfaitement dans l’esprit du roman et n’est ni surprenant, ni gênant, mais j’ai eu le sentiment que quelque chose m’avait échappé et que l’auteur ne m’avait pas donné assez d’indices sur un point. C’était sans doute volontaire, et c’est aussi ce qui fait le charme des romans courts. Ici, cela a cependant un peu terni mes impressions (frustration quand tu nous tiens !).

Qui aime la randonnée en montagne, les paysages nordiques spectaculaires, les contes intemporels et les bergers taiseux, y trouvera probablement son compte. Dans cette catégorie de roman, ma préférence va cependant encore et toujours au petit bijou qu’est Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson (qui, avec ses 70 petites pages, pourrait être qualifié de gravillonnet 😋).

26 réponses sur « Cairns – Martin Baldysz »
« Le berger de l’Avent » est d’un tout autre genre, c’est difficile de comparer les deux, mais je vois ce que tu veux dire. Je me souviens que la fin de Cairns m’avait surprise aussi, mais pas gênée. Pour moi elle s’inscrivait bien dans la logique de l’histoire telle qu’elle nous est racontée.
Oui, Le berger est plus un conte, alors que Cairns est plus « abrupt », mais tout à fait fascinant, mon bémol à propos de la fin ne m’a pas empêché de beaucoup l’apprécier.
Je n’arrive pas à savoir si j’aimerais, à lire vos deux avis, et mes biblis ne l’ont pas… Dommage, c’est idéal lorsqu’on n’est pas trop sûr de soi !
Je comprends ! Je dirais qu’il vaut le coup malgré ma petite frustration finale. Je ne l’ai pas trouvé en bib non plus, mais Recyclivre m’a permis de le lire à peu de frais 😊.
Merci pour le conseil du « berger de l’Avent », j’aime beaucoup les courts romans ou longues nouvelles. En plus, je connais mal les auteurs nordiques. Je note.
C’est un magnifique court roman, intemporel et très fin.
La fin ne m’a pas du tout gênée puisque comme tu l’écris, elle est cohérente avec l’ensemble du récit, qui reste très énigmatique, ou plutôt elliptique. Au lecteur de faire ses supputations ! J’ai surtout aimé l’ambiance, l’étrangeté et la grandeur mêlés du décor, en effet très bien rendues.. merci pour cette lecture commune !
Elliptique, c’est le mot juste. Mais en effet, c’est cohérent avec le roman que j’ai beaucoup apprécié par ailleurs.
c’est sympa de lire plusieurs avis sur le même roman, je vais regarder s’il est dans ma médiathèque.
J’espère qu’il y sera!
J’aime beaucoup les romans nordiques, habitant moi-même dans un. Merci pour cette présentation !
Le climat ne devrait pas te dépayser en effet ! Le folklore local peut-être davantage…
Bon, je note les deux romans à tout hasard. Le premier parce que j’aime la randonnée.
Je pense que les deux peuvent te plaire pour leur atmosphère et la marche dans la montagne.
Je note ton petit bijou
Il a une atmosphère envoûtante…
Contes intemporels, oui, bergers taiseux, pourquoi pas, mais randonnée en montagne, non, et paysages nordiques, pas spécialement.^^ On n »était pas loin du 50/50 dans la balance, mais si la fin t’a en plus frustrée, je vais passer sans trop de remord.
Alors, il y a bien de la randonnée mais ce n’est pas contemplatif pour autant si c’est ce qui peut te gêner 😉.
J’ai lu hier la chronique d’Ingannmic et ma foi je ne suis pas encore convaincue mais je l’ai tout de même noté à part car il est inconnu de mes deux médiathèques ce qui ne m’étonne guère…donc comme je suis curieuse si je le croise un jour, je le tenterai d’autant plus qu’il est court.
D’après les premiers échos et ma propre expérience, il est difficile de se procurer ce roman en médiathèque en effet. Je ne connais pas la maison d’édition Paulsen, peut-être peu prisée des circuits de distribution des bibliothèques ?
J’avoue que cette sorte d’atmosphère ne m’attire pas spécialement…
Alors il ne faut pas te forcer, il y a bien d’autres livres à lire par ailleurs 😂
Ce que tu dis de ce roman me fait penser à « Eclaircie », dont je suis sortie mitigée.
La couverture m’y a fait penser aussi ! Je lirai sûrement Éclaircie, mais pas tout de suite pour ne pas trop comparer les deux.
Ce roman commence à être un peu moins emprunté à la médiathèque. je vais pouvoir sauter dessus à l’occasion, sitôt que j’en aurais fini avec la dernière ligne droite du challenge Polars d’hiver !!!
Bons polars !